Daryoush, Entre ciel et terre, photographie (2015)

L’art de la nuance

En matià¨re d’esprit critique, il faut malheureusement reconnaà®tre que la contradiction a perdu sa teneur dialectique, et ne vaut bien souvent plus que pour elle-même : il n’y a plus de place pour jeter sur la table des idées concrà¨tes sans passer pour un « pro » ou pour un « contre », un illuminé ou un sceptique. 

De l’autre cà´té du « mur », les idées doivent recouvrer leur charge virale, et redevenir contagieuses : car un nouveau paradigme a d’autant plus de chances de s’imposer qu’il ne fait pas mine de tout résoudre dans la précipitation, mais qu’il propose au contraire à  d’autres chercheurs ou entrepreneurs des énigmes passionnantes auxquelles « se confronter ».

Alors il faudrait revaloriser un « art de la nuance » qui parierait sur la conversion de la raréfaction des ressources en richesses des inventions. D’ailleurs « Nuance »Â est une forme dérivée d’un mot du latin « Nuba », « nue », par le truchement de l’ancien franà§ais « Nuer », « Nuancer » pour exprimer le dégradé des couleurs qui caractérise les teintes subtiles que prennent les nuages selon les heures du jour et l’éclairage changeant du soleil… 

Du coup prà´ner la beauté ou la nature, ce serait toujours parier sur l’homme… ce qui reviendrait infailliblement faire le bon choix, puisque c’est toujours dans notre intérêt… N’est-ce pas ? 

C’est aussi la posture du pari, au sens où Blaise Pascal l’avait défini, comme argument philosophique pour contrer les sceptiques : « oui il faut parier ; cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien … »

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